Découvrez les sessions du programmes du CIFAS 2019 !

Cas historiques,
cas médiatiques

Puisque la figure du monstre a toujours fasciné le grand public et bousculé les professionnels amenés à les prendre en charge, nous proposons de croiser le regard des experts sur quatre cas qui ont marqué l’histoire , dans chacun des quatre pays organisateurs du CIFAS : Belgique, Canada (Quebec) , France et Suisse.

Au-delà de la déclinaison de la trajectoire criminelle de ces femmes et de ces hommes, nous retracerons d’une part l’écho médiatique qu’ils ont  suscité , et d’autre part nous analyserons  comment et pourquoi ces  crimes ont modifiés,  parfois en profondeur, l’organisation judiciaire, législative, pénitentiaire ou sociale de chaque pays.

Conférence organisée en parallèle du 10ème CIFAS au Corum de Montpellier
Mercredi 12 juin de 17h00 à 19h00.
Inscription gratuite mais obligatoire.

Cas complexes

Autre nouveauté proposée par le comité scientifique de ce 10ème CIFAS : aménager un temps d’échanges pluri-professionnels et interdisciplinaires autour de cas particulièrement complexes.

Chaque professionnel participant au congrès aura l’opportunité de proposer un dossier anonymisé qui lui a posé problème ou laissé la trace amère de questions sans réponses.

La procédure de soumission est la même que pour les communications (Cf. rubrique soumission). Répartis dans quatre salles, chaque professionnel dont la proposition sera retenue, présentera en vingt minutes devant des experts pluridisciplinaires du CIFAS la situation et les problèmes qu’elle lui a posés. Après questions et échanges avec l’assemblée, les experts proposerons des axes d’investigations et de prise en charge.

Il s’agit, à partir d’une situation vécue, de développer une réflexion croisée internationale et interdisciplinaire sur les violences sexuelles, mais aussi d’apporter des solutions concrètes et des perspectives pour sortir d’une impasse présente … ou à venir.

Session plénières

Plénière 1

De la prise en charge centrée sur la personne
Mercredi 12 juin 9h-10h30

Président de séance : Bruno GRAVIER
Intervenantes : Virginie GAUTRON & Magali RAVIT

La violence à caractère sexuel suscite dans toutes les sociétés un traitement  et une considération  à part  des autres formes de criminalité. En France, un dispositif pénal spécifique a été élaboré puis voté en 1998 pour prendre en charge les auteurs de violences sexuelles au regard de leur psychopathologie. Il repose substantiellement sur une articulation Santé-Justice et nécessite que tous  les professionnels concernés se différencient pour se compléter judicieusement au profit d’une évolution de l’agresseur et de la protection de la victime.  L’histoire de l’injonction judiciaire de soin puis les aléas de  sa mise en pratique au quotidien seront ici exposés afin d’en cerner  les limites et les intérêts notamment au travers des représentations que les  divers acteurs ont les uns des autres. Sur un plan plus strictement clinique, la question du trauma apparaît au cœur de cette problématique de violence sexuelle et fait partie intégrante de l’histoire de l’acte, commis et/ou subi. Il convient d’en  repérer les mécanismes et ses expressions muettes ou bruyantes, pour les intégrer dans l’accompagnement de l’individu  en souffrance psychique  et contribuer ainsi à  prévenir  la  répétition de ses   effets destructeurs.

Plénière 2

Déviances : évaluation et prévention
Mercredi 12 juin 15h15-16h45

Présidents de séance : Anne-Hélène MONCANY, Robert COURTOIS
Intervenants : Pr Jean-Bernard GARRE, Pr Thierry GOGUEL d’ALLONDANS

Les représentations sociales communes sont construites sur la conviction que des auteurs de violences sexuelles qui commettent des actes extrêmes présentent nécessairement une personnalité anormale ou pathologique (« des malades » ou « des pervers »). La question de la monstruosité s’impose de par l’incompréhension que suscitent leurs actes. Pourtant, la perception de ceux-ci diffère en fonction du degré de proximité avec l’auteur, la victime, du sentiment de menace pour soi et ses proches. Cette incompréhension d’actes jugés immoraux, anormaux, ou pathologiques est renforcée par l’image prototypique mise en avant par les médias et certains politiques du « pédophile-récidiviste-meurtrier d’enfants » menaçant le fonctionnement social. C’est probablement pourquoi, la majorité de la population aspire à une solution radicale face à ces actes impensables commis par ces personnes « hors normes », en les supprimant de la société (de l’enfermement à vie à la peine de mort) ou en les « neutralisants » sexuellement (castration physique ou chimique).

Les deux intervenants, les professeurs Jean-Bernard GARRE et Thierry GOGUEL d’ALLONDANS, vont aborder la question de la déviance, de sa construction, de son rapport à l’histoire, à notre société contemporaine et de sa fonction sociale (au-delà de l’instrumentalisation qui peut être faite des situations douloureuses pour les victimes comme pour les auteurs). Ils soumettront la notion de déviance, de son évaluation et de sa prévention, au point de vue anthropologique, psycho-criminologique, médical et psychiatrique…

Plénière 3

Prévention, soin, enquête, réparation : l’apport de la sexologie
Jeudi 13 juin 9h-10h30

Présidents de séance : Dr Patrick Blachere, Dr Mireille Bonierbale
Intervenants : Pierre Filiard, Audrey Gorin-Lazard, Marie-Hélène Colson

L’essor de la sexologie et des «  sex sciences » depuis les années 70 a contribué à la compréhension du comportement sexuel et au traitement des difficultés sexuelles. De l’étude des réponses psychophysiologiques aux neurosciences des paraphilies, l’apport de la sexologie impacte à la fois les champs de la prévention, de l’évaluation et de la prise en charge. Par essence interdisciplinaire, la sexologie est un champ intégratif qui permet le dialogue entre médecine, sciences sociales, comportementales et humaines, questionnant la construction sociale des normes et de la normalité, menant à des sous-champs tels que la sexologie médico-légale et l’identification de facteurs de risque et de protection, du passage à l’acte et de la récidive, liés à la sexualité.

S’il est admis que les violences sexuelles sont parfois en deca du génital, l’approche sexologique offre une lecture développementale, pluraliste et globale de la personne et de sa sexualité dans ses différentes dimensions. Ainsi, les notions de santé globale, santé sexuelle et de trajectoire développementale permettent de reconceptualiser les pratiques de d’éducation a la sante, de prévention primaires secondaires et tertiaires. Cette plénière dédiée à la place et l’apport de la sexologie dans le champ des violences sexuelles développe ainsi l’évolution des connaissances, pratiques et théories dans les temps spécifiques de l’enquête et de la prise en charge.

Plénière 4

Violences sexuelles des mineurs : des victimes, des auteurs
Vendredi 14 juin 9h-10h30

Président de séance : Dr Dominique Frémy
Intervenants : Pascal Roman, Monique Tardif, Christian Donnadieu

À l’échelle mondiale, les violences sexuelles des mineurs sont une préoccupation croissante. Les enfants et les adolescent-es restent les principales victimes des violences sexuelles. Le travail sur la crédibilité des victimes a permis une facilitation de leur parole avec  une augmentation des révélations et des prises en charge.  Il s’en est suivi, depuis une vingtaine d’années,  une augmentation des publications scientifiques. Les études ont ainsi montré l’impact négatif sur la santé globale du fait des conséquences de ces violences sur les trajectoires développementales – physiques, mentales, sexuelles, sociales- menant à des facteurs de vulnérabilités à court, moyen et long terme. La réalité des violences sexuelles chez les mineurs est multiple et confronte les professionnels des champs de la justice, de la santé, de l’éducation et du social à des situations de mineurs victimes d’adultes mais aussi d’autres mineurs. Cette plénière rassemble des chercheur-es et intervenant-es des champs socio-judicaires et sanitaires sur ces violences agies et/ou subies chez les mineurs et se centrera sur la prévention et sur les prises en charge immédiates et à distance.

Plénière 5

Prévention de la récidive
Vendredi 14 juin 15h15-16h45

Président de séance : Jocelyn Aubut
Intervenants : Dr Roland Coutanceau, Boris Cyrulnik

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